DE LA FIERTE D'ETRE UNE CALDOCHE !

Publié le par la margouillette

J'VA TOUT VOUS DIRE !

Apatride. Voilà, c'est un mot mais il est terrible quand vous le portez, quand il vous colle à la peau. T'es né où ? Nulle part. Enfin si, quelque part mais vous n'en connaissez rien et ce quelque part ne vous a rien laissé, ni souvenirs, ni traces...Puis l'Afrique, magique, ensorcelante qui, elle, laisse une empreinte, une odeur, des souvenirs, immenses. Un peuple qui pleure silencieusement, un peuple qui rit malgré tout, qui danse toujours. Puis l'Asie, envoutante, mystérieuse, calme et humble. Un peuple savant, un peuple artiste, un peuple inifiniment respectueux de "l'autre". Puis la France. Rien. Le vide. Pas d'appartenance, pas d'amis, pas de racines, rien. La souffrance de ne pas comprendre, de ne pas être comprise.

Puis la Calédonie. Ce n'est pas moi qui ai adopté la Calédonie, c'est cette terre qui m'a adoptée, qui m'a prise et qui m'a réconciliée avec l'apatridémie. Voilà, terres revendiquées ou pas, j'étais enfin chez moi, mes racines étaient là. On aime la Calédonie ou pas. Avec son passé, son présent, son futur, sa culture, sa force et ses faiblesses, ses esprits. C'est la seule terre que je prends dans ma main en me disant :"j'suis chez moi ici !". Et que celui qui me dira le contraire aille cramer en enfer...!

J'ai enfin trouvé, moi aussi, quoi répondre quand on me dit : "tu viens d'où ? t'es qui ? quel est ton passé, tes racines, de quoi t'es faite ?".

Quand j'ai du revenir en France il y'a quelques années, j'ai de nouveau ressenti cette solitude, cette douleur terrible de ne plus être moi, de ne plus être chez moi. "La caldoche" qu'on m'appelait avec ce petit accent mauvais et mes éclairs de douleurs dans les yeux. Imposible de me faire comprendre, impossible de m'identifier à quoi, à qui, que ce soit. Quand je suis rentrée en Calédonie, j'ai eu un énorme vertige sur le tarmac : je rentrais au pays, je rentrais chez moi !

Je me suis tellement identifiée à ce pays, à son peuple, à sa culture, je me suis tellement fondue dans le paysage qu'un calédonien (un vieux de la vieille) dit de moi que je suis plus caldoche que lui. Un autre m'interpelle : "t'es de lifou toi ?!" parce que j'ai l'accent et que je parle "sourcils". Kanak, mélanésien, calédonien, caldoche, à défaut de l'avoir dans le sang...je l'ai dans le coeur comme une empreinte profonde.

OUI, je suis une caldoche, j'aime les coups de fête, la bière, les cheezballs, le rire gras, la solitude aussi, j'aime chasser et je peux dépecer un cerf quand tu veux !, j'aime transpirer, j'aime les feux de camp, j'me la pête pas zoreille, j'ai un ptin d'accent d'chez les nou'zautes, je dis "lôngin, wanamatcha, yossi et papillon du ciel", je suis jamais sûre de moi mais j'ai une mauvaise foi démesurée, je revendique ma simplicité et mon extrême timidité mais j'ai une vraie fierté, le coeur sur la main sans jamais rien revendiquer : J'suis une PURE CALDOCHE et c'est grâce à la Calédonie qu'enfin je peux laisser mon ame apatridémie au repos...

Alors, nân, mum, j'viendrais pas habiter à la Réunion ou à la Martinique parce que c'est plus près de chez toi, nân je peux pas, je peux plus quitter mon pays...mais merci pour la richesse de mon enfance, tous ces peuples rencontrés, tous ces animaux croisés et qui ne m'ont pas mangés, tous ses souvenirs emmêlés, toute cette souffrance aussi, apaisée aujourd'hui !

Et toi, calédonien (depuis la 4ème génération) de mon coeur, cesse de te prendre pour un zoreille !

Publié dans le cri du margouillat

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manola 20/01/2007 06:46

.. avant tout , j'aime te lire.. j'avais perdu ton adresse, et grâce à "calédosphère" je l'ai retrouvé: vive la communication... riree!
.; ce que tu as écris là, c'est aussi .; tout moi... mais voilà, le retour , en tout cas pour l'instant, ne se fera encore pas: ce retour vers ma terre natale ...bouhhhh! et je sais aussi pourquoi j'en suis partie de mon ile .. mais mes ainée y sont : heureux d'être chez eux , d'être enfin compris, et d'être natures.. Ici j'ai réussi, à garder cette personnalité, même si on ne me comprends pas toujours, même si le soleil manque à ma peau, même si ma légèreté bien calédonienne gêne un peu mon entourage, je la garde envers et contre tout... tant pis.. mon sourir sera et restera ma carte d'identité...
...J'aime ton humour sur ce blog.; et la "tarente" me manque beaucoup aussi... tient c'est cela aussi qui manque ici: la vie si naturelle dans un logis... rireee! aller: reste une vraie fondue du NET et de l'informatique : ça fait de mal à personne.. awouaaaahhh !! t'es trop super!!!

la margouillette 20/01/2007 08:21

Merci Manola pour ton message qui me touche. Je suis contente de partager un peu de ma vie calédonienne avec toi et j'espère qu'un jour tu viendras nous faire un coucou au soleil. biz et à bientôt . margouillette.

claude.ligier@wanadoo.fr 17/01/2007 23:21

je suis heureuse que tu ais trouvé enfin,la terre qui te convient et bien que pour une mère il  soit dure d\\\\\\\\\\\\\\\'être séparée par autant de mers, de pays,  de son enfant je ne puis qu\\\\\\\\\\\\\\\'approuver ce choix tout simplement parceque je t\\\\\\\\\\\\\\\'aime et que ton bonheur est le plus important à mon coeur. Voyager, découvrir des terres lointaines, des peuples, des coutûmes. Apprendre, regarder, entendre, vivre au milieu d\\\\\\\\\\\\\\\'ethnies différentes, dans des conditions souvent difficiles, partager leurs souffrances, leurs espoirs est d\\\\\\\\\\\\\\\'une grande richesse intérieure c\\\\\\\\\\\\\\\'est vrai mais lorsque l\\\\\\\\\\\\\\\'on rentre en France, effectivement on se rend compte qu\\\\\\\\\\\\\\\'il n\\\\\\\\\\\\\\\'y à guère de place pour nous. on n\\\\\\\\\\\\\\\'est pas du tout en phase et c\\\\\\\\\\\\\\\'est là que l\\\\\\\\\\\\\\\'on ressent cette solitude, ce mal être de n\\\\\\\\\\\\\\\'avoir aucune appartenance avec sa terre, pas d\\\\\\\\\\\\\\\'amis d\\\\\\\\\\\\\\\'enfance, aucun repère qui rassure... ce qui ns fait dire lorsqu\\\\\\\\\\\\\\\'on ns demande d\\\\\\\\\\\\\\\'ou êtes vous - de nul part et de partout mais pas d\\\\\\\\\\\\\\\'ici......